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Histoire du territoire

Le territoire de la collectivité affiche une histoire très riche de la préhistoire à nos jours. Cette richesse s’ajoute à celles de ce territoire ô combien naturel et préservé, envié pour son calme, son estuaire, ses vins, ses forêts...

Du Paléolithique au Médulli : le Médoc se construit

Les vestiges les plus anciens de l’homme en Médoc remontent à la fin du Paléolithique, à une période appelée Azilien que l’on situe à environ -8000 ans avant J-C et que fait la transition avec le Mésolithique.

Au néolithique, le Médocain a progressé au point de quitter la vie sauvage. Il exploite au mieux son milieu naturel et, même  s’il chasse encore, il est devenu éleveur en domestiquant des animaux comme des bœufs, des chèvres et des sangliers.

Aux environs de 2000 ans avant JC, l’âge du cuivre apporte les premiers objets de métal et les poteries sont plus élaborées : (le Médoquin) façonne de grands vase en forme de cloche appelés « campaniformes » ornés d’incisions et de pointillés. Des tessons ont été trouvés à Saint Sauveur.

Haches_medocaines

A l’âge de bronze les haches à rebords, dites « médocaines », sont en quelque sorte la spécialité de la région. A Vertheuil, à Saint Estèphe et  à Saint Julien de Beychevelle, les travaux d’agriculture ou l’érosion marine ont fait apparaître à une époque récente un nombre impressionnant de haches de bronze. Entre Saint Seurin de Cadourne, Saint Estèphe,  Pauillac, Saint Julien et Saint Laurent, les labours et les travaux de la vigne ont dégagé depuis  deux siècles non seulement des haches mais aussi des épées, des poignards, des lances, des morceaux de cuirasse ainsi que des outils et des bijoux.

Une grande partie de la production est exportée. Elle quitte le Médoc soit par les petits ports de la côte ouest soit par le port de Pauillac port bronzier. La raréfaction du cuivre achève l’âge de bronze et l’âge du fer lui succède. La matière première se trouve sur place, c’est la « garluche » qui a été exploitée en Médoc jusqu’au XIX siècle. Mais elle est plus difficile à travailler que le bronze. C’est aussi le début de l’extraction du sel marin qui sert à la conservation des viandes. Mais les hommes du Bronze et du Fer ont modifié le paysage médocain. La forte densité de population a nécessité un développement de l’élevage et de l’agriculture.

La préhistoire s’est achevée pour le Médoc à l’arrivée des Gaulois.

On pense communément que les Gaulois de Médoc seraient une tribu celte apparentée aux Bituriges Vivisques, fondateurs de Burdigala, et ces Médulli auraient donné leur nom au Médoc et apporté avec eux le cépage « Vitis Biturica ». Ce nom évoque le « milieu » (milieu des eaux ?) en latin et ne représente pas une entité ethnique. Mais ils sont les Médoquins d’origine celte que les romains ont trouvé là lors de leur conquête.

Les habitats des Medulli se sont superposés à ceux des hommes néolithiques, du cuivre, du bronze et du fer avec des améliorations dans la construction et surtout un système défensif constitué de murailles et de palissades  gardées par une milice de milites garonensis sur les frontières aquatiques de leurs territoires.

Le commerce, qui au début était celui de l’étain, c’est beaucoup diversifié et différentes monnaies ont circulé, certaine frappées en Médoc, comme l’a révélé un important gisement de 11Kg de pièces « à la croix » trouvé à Saint Sauveur.

Fontaine de Bernos

La vie spirituelle, importante chez les gaulois était dirigée par les druides. Ceux-ci, vêtus de blanc symbole de pureté, de lumières et d’immortalité de l’âme, présidaient aux rassemblements dans des « forets qui leur servaient de temples » comme à la fontaine de Bernos à Saint Laurent Médoc. Ils aimaient particulièrement les vastes clairières où coulent des sources ferrugineuses érigées au rang de divinités.

On retrouve dans Le Médoc des endroits privilégiés pour le culte celtique et l’on sait que plusieurs sanctuaires existaient  notamment à Vertheuil et St Laurent Médoc.

L’occupation romaine : le Médoc s’embellit

L’occupation romaine est assez bien connue en de nombreux endroits de  Gaule ; comment fut-elle vécue en Médoc ? La guerre des gaules n’a sans doute pas existé ici : ce fut une conquête pacifique opérée sous le commandement de Crassus, lieutenant de César, chargé de pacifier le Sud-Ouest. Il dépêcha Cissus (d’où Cissac) dans le Médoc.

Une nouvelle société s’était créée, transformée par la romanisation, et son cadre de vie c’est d’ailleurs prolongé, Malgré les invasions, jusqu’au VIII siècle.

D’innombrables vestiges de constructions gallo-romaines ont été mis au jour depuis longtemps en Médoc. A l’origine, beaucoup de villas ont été détruites par les envahisseurs barbares, certaines ont servi de carrières de pierre  pour de nouvelles constructions, pour des églises surtout. Des chapiteaux corinthiens en marbres ornent l’église de Vertheuil, par exemple, et un baptistère, maintenant disparu, été creusé dans un fût de colonne cannelé.

Après les invasions barbares : le Médoc balloté par l’histoire

L’épreuve la plus dure pour le Médoc sera l’invasion des vikings en 844 qui abordèrent à Soulac, passèrent par Lesparre, Saint Estèphe et ravagèrent les iles de l’estuaire et le pays intérieur.

Le Médoc, pendant plus de mille ans, va être balloté par l’histoire. Ses aptitudes portuaires et commerciales vont s’affaiblir, diminuées par l’érosion dunaire et océanique sur la face maritime, exclues par la prédominance bordelaise sur la rive fluviale.

Bien que le Médoc n’ait pas eu une part vraiment active pendant la présence anglaise, son estuaire, ses ports et sa campagne subirent sévèrement le contrecoup des dissensions entre Français et Anglais.

Le Médoc joue un rôle limité dans la guerre de cent ans.

Au milieu du XVe siècle, les Français grignotent peu à peu le duché de Guyenne, réduit à sa plus simple expression, et se livrent volontiers au pillage. Les troupes de Charles d’Albret et d'un chef de bande redouté,  ravagent le Médoc en 1438. S'ensuivent de longues années de troubles plus ou moins sporadiques, avant que les Français ne parviennent pas à prendre la totalité de la Guyenne (Bordeaux compris) en 1451. Cependant, l'occupation française est mal ressentie par la population, et des troubles éclatent quelques mois plus tard. Un ultime appel à l'aide est lancé au roi-duc, qui envoie une armée de secours commandée par John Talbot. Celle-ci débarque à Soulac le 19 octobre 1452. L'éclaircie est pourtant de courte durée et s'achève par la mort de Talbot sur le champ de bataille de Castillon le 17 juillet 1453. La guerre de Cent Ans prend fin. Le souvenir de Talbot restera longtemps vivace, évoqué lors des veillées, comme « Lo bon Rey Talabot » (Le bon roi Talbot)

Du XVIème au XIXème siècle : le Médoc atteint son âge d’or !

Le Médoc se relève tant bien que mal, et bénéficie d'une campagne de mise en valeur assèchement des marais du Bas-Médoc par des Flamands et des Hollandais, qui mettent en place des polders et introduisent, par la même occasion, les vaches frisonnes. La seconde, plus radicale, intervient à partir du XVIIIe siècle avec les premiers essais de fixation des dunes, jusqu'alors fort dangereuses car « mouvantes »), et les premiers boisements. Ceux-ci s'intensifieront au siècle suivant, notamment après la promulgation de la loi du 19 juin 1857 prescrivant l'assainissement des marécages et leur ensemencement en bois (pin maritime). Sur les croupes de l'estuaire, la viticulture connaît son âge d'or aux XVIIIe et XIXe siècles : quelques-uns des plus grands crus du Médoc se distinguent à l'exposition universelle de 1855, tels Château Margaux, Château Lafite et Château Latour. Durement éprouvés par la crise du phylloxéra, les vignobles seront patiemment reconstitués.

Le XXe siècle est marqué, comme dans le reste du pays, par l'occupation allemande.

Les 29 et 30 juin 1940, les troupes de la Wehrmacht pénètrent en Médoc par Le Verdon (en provenance de Royan) et par Bordeaux. Sous l'action de plusieurs mouvements des maquis s'organisent et mènent la vie dure à l'occupant, tout en préparant la libération (caches d'armes, prise en charge de parachutistes…). À la fin de la guerre, les Allemands s'enferment dans une poche de résistance, délivrée en avril 1945 par les FFI du général Milleret, dit « Carnot ».

La deuxième moitié du XXe siècle et le début du XXIe siècle voient des tentatives de reconversion d'une économie en perte de vitesse.

Le déclin de la sylviculture, patent après 1920, est encore accentué par une série de catastrophes, parmi lesquelles le terrible incendie de forêt de 1949 et les tempêtes Martin (1999) et Klaus (2009).

La céréaliculture (maïsiculture), après quelques échecs initiaux, devient un des moteurs de la région, avec le tourisme (œnotourisme, tourisme balnéaire et naturisme, notamment). De nombreux actifs effectuent de nombreux mouvements pendulaires, la région vivant de plus en plus au rythme de la grande métropole régionale qu'est Bordeaux.